"Te souviens-tu, Mamie ?"
Dis-moi, depuis ta chambre, à quoi peux-tu penser ;
A la guerr’ qui avance bien que terminée ?
Durant ces si longs jours où tu marches sans cesse
Sans trouver un détour à toute ta tristesse
Les fois où tu sais bien qu’les souvenirs s’en vont
Doucement, un à un, si bien que ta maison
Ne semble plus la tienne malgré cinquante années
Dans ce petit domaine où tes enfants jouaient.
Te souviens-tu du temps où tout était si beau
De tous ces bons moments à jouer aux petits ch’vaux
Tandis qu’Papi dormait pendant l’après-midi
Ensemble on s’occupait, te souviens-tu Mamie ?
Avant tu demandais si j’étais en vacances
Scolaires quand je venais , alors que la tendance
Etait à ce chômage et recherch’s entêtées
Avant que ça s’aggrave et qu’tu veuilles t’évader
En inquiétant Papi qui n’en parlait pas trop
Et que la maladie a mis sur le carreau
Ca a dû le ronger lentement, à feu doux
L’embolie arrivée, on t’a mis’ chez les fous
Te souviens-tu du temps où je t’aidais parfois
Avec mes mains d’enfant à préparer des plats
Ecrasant les patates avec espièglerie
Petite maladroite, te souviens-tu Mamie ?
Aujourd’hui tu t’promèn’s parfois dans le jardin
En sachant qu’on t’ramèn’ toujours à ce même point
Une chambre aux murs blancs avec quelques photos
Dont tu n’sais plus vraiment les prénoms principaux
« Mais mon Bon Dieu pourquoi on me colle ces gens
Que je ne connais pas, ni d’Eve ni d’Adam ?
J’veux rentrer chez Papa, dans ma maison d’enfance
Je ne resterai pas longtemps dans cette errance… »
Te souviens-tu des fois où l’on se promenait
Où je courrais parfois cueillant les glands et baies,
Avec mon innocence de petit cabri
Pendant les grand’ vacances, te souviens-tu Mamie ?
Pourquoi les souvenirs les plus récents s’en vont ?
Dès que l’on va partir, tu nous oublieras donc
Jusqu’à ce qu’on revienne, faisant briller tes yeux
Mêm’ s’ils ne savent pas qui se trouv’ face à eux
Et Papi, dans tout ça, finira seul au monde
Tristesse dans les yeux où les larmes abondent
Avant que vous partiez chacun à votre tour
Et vous réunissiez au Paradis d’Amour…
(11/11/2006)
poésie poème Alzheimer



Merci pour ce poème... qui m'a arraché les larmes...
Rédigé par:Celine | le 18/06/2008 à 12:04
Merci pour ton commentaire, Céline.
Pour info, j'ai transformé ce poème en chanson. Pas évident non plus, mais ça fait du bien, une fois que c'est écrit, que c'est composé.
C'est une bonne façon d'expulser un peu tout ce qu'on peut ressentir lorsqu'une personne qu'on aime a cette maladie.
Rédigé par:AurelieT | le 18/06/2008 à 18:53